Comment la science a révolutionné la performance sportive

En 160 ans, le record du monde de saut à la perche est passé de 3,15 m à 6,16 m. En 2017, la nageuse canadienne Kyllie Masse décroche le record du monde au 100m dos. Comment expliquer qu’après des centaines d’années de compétitions sportives, les meilleurs records mondiaux continuent d’être battus? Nos limites physiques peuvent-elles toujours être repoussées? Et si la science avait un rôle à jouer?

Les nouveaux matériaux au service de la performance

 En 1936, aux Jeux de Berlin, Jessie Owens courait le 100m en 10,2 secondes tandis que 73 ans plus tard, Usain Bolt battait le record du monde en 9,58. Peut-on vraiment comparer ces deux performances quand on démarre sur une piste avec des trous dans le sol comme bloc de départ, alors que le célèbre Jamaïcain bénéficie des dernières avancées technologiques pour s’attaquer au record du monde? L’évolution des matériaux utilisés dans le sport a contribué à l’amélioration des performances et continuera certainement de le faire. Dans des sports comme l’athlétisme ou la natation, la corrélation entre l’émergence de nouveaux matériaux et les progrès sportifs est facilement mesurable, car ce sont des sports où des records peuvent être établis. Cependant, d’autres sports ont bénéficié du progrès technique.

Prenons le cas du tennis où la transition entre les raquettes en bois et les raquettes en aluminium, puis la fibre de carbone a considérablement réduit le nombre de tendinites.

Un autre bon exemple serait le hockey sur glace. Il fut un temps où les gardiens de but se tenaient debout devant leurs buts sans masque et donnaient des coups de pied aux rondelles tout en portant des jambières en cuir gorgés d’eau de 300 livres. Et bien que les joueurs ne levaient pas la rondelle comme ils le font aujourd’hui, les gardiens ont tout de même pris d’énormes risques et certains d’entre eux ont été gravement blessés. Aujourd’hui, avec l’accès à de nouveaux matériaux comme la fibre de verre et le Kevlar, les gardiens de but sont plus agiles et confiants que jamais entre les poteaux.. L’équipement de protection est devenu plus léger et permet maintenant une plus grande amplitude de mouvement, tout en étant plus sécuritaire que jamais.

Si nous nous tournons du côté des athlètes handicapés, cette tendance est encore plus importante pour les catégories nécessitant l’utilisation de fauteuils ou de prothèses. Aujourd’hui, ces appareils sont de véritables joyaux technologiques alliant légèreté, solidité et flexibilité. Parmi les faits marquants entre 1960, lors des premiers Jeux paralympiques, et aujourd’hui, il est possible de citer la première participation de l’athlète double amputé Sud-Africain qui a participé au 400 m, lors des Jeux olympiques en 2008, à Pékin.

Aujourd’hui, malgré les controverses entourant la question de l’avantage de porter des prothèses en fibre de carbone pour les athlètes amputés, il est indéniable que l’écart de performance entre les athlètes handicapés et les athlètes non-handicapés se réduit.

La Biochimie et la Biomécanique pour nous aider à repousser nos limites physiques

Bien entendu, l’amélioration des performances n’est pas strictement liée aux matériaux utilisés. Les méthodes d’entraînement, la technique de réalisation, le processus de récupération et la nutrition sont autant d’aspects sur lesquels de nombreuses équipes de recherche se penchent. Les connaissances en physiologie et notamment celles liées à la chaîne respiratoire (expliquant le processus de production d’ATP, le carburant de nos muscles) ont permis de mettre en évidence l’existence de différents systèmes énergétiques. La compréhension de ces systèmes a permis le développement de séances d’entraînement adaptées aux différentes spécialités sportives.

Par exemple, les temps et l’intensité d’une ourse, en plus de la récupération, ne seront pas les mêmes pour un coureur de 100m, 400m ou un  marathonien. Dans certaines disciplines, des conditions d’entraînement particulières sont également prescrites pour modifier la physiologie d’un athlète. Par exemple, l’entraînement en altitude favorise la production de globules rouges qui transportent l’oxygène et améliorent donc les capacités d’endurance. Les contributions de la biomécanique jouent également un rôle important. Celle-ci consistent à étudier le mouvement à l’aide d’outils tels que les photocellules, la vidéo haute résolution et les plateformes de force. Elle permettent d’analyser et d’optimiser l’exécution gestuelle de l’athlète.

Le revers de la médaille

De l’autre côté de la médaille,  si toutes ces avancées scientifiques et technologiques permettent aujourd’hui de faire flipper les chronos, des questions d’ordre moral et éthique se posent.

La professionnalisation du sport pousse les athlètes, les entraîneurs et les équipes médicales à repousser les limites physiologiques par la consommation de drogues. La maîtrise de la morphologie, l’augmentation de la force, la puissance musculaire et l’amélioration de l’oxygénation sont les trois principaux effets recherchés lors de ces pratiques de dopage. Le dopage n’est pas un phénomène nouveau puisque les premiers cas de dopage signalés remontent à 1865. Cependant, les méthodes actuelles sont de plus en plus sophistiquées conduisant à une véritable course entre les organismes antidopage et les laboratoires clandestins mettant en place ces méthodes. Il n’est pas rare de voir un athlète dépouillé de ses titres, plusieurs années après ses victoires…

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